
Gorillaz
« The Virtual Band »Gorillaz, c’est le projet le plus improbable de l’histoire de la pop moderne : un groupe virtuel imaginé en 1998 par Damon Albarn (chanteur de Blur) et le dessinateur Jamie Hewlett (co-créateur du comic Tank Girl), où quatre personnages animés — 2D, Murdoc, Noodle et Russel — remplacent les vrais musiciens sur scène et sur les pochettes. Ce qui aurait pu rester une blague de fin de soirée est devenu, en plus de 25 ans, l’un des projets les plus vendus de la scène alternative mondiale, avec plus de 41 millions d’équivalents albums écoulés et plusieurs nominations aux Grammy Awards — dont une victoire historique en 2006 pour « Feel Good Inc. », qui fait de Gorillaz le premier groupe animé à remporter un Grammy.
Gorillaz sur vinyle, c’est une expérience à part. Les samples mixés à la production hip-hop des Dust Brothers (premier album), les invitations exceptionnelles (De La Soul, Snoop Dogg, Bobby Womack, Mos Def, Mavis Staples), les expérimentations électroniques de Damon Albarn — tout ça prend une dimension physique en lecture analogique que le streaming dilue. Voici leur discographie complète, les pressages à privilégier, et pourquoi chaque album mérite une écoute sur platine.


Et leurs 4 alter-ego animés : 2D, Murdoc, Noodle et Russel
Damon Albarn et Jamie Hewlett ne sont que la moitié de l’histoire. Depuis 1998, Gorillaz vit aussi à travers 4 personnages animés dotés chacun de leur biographie, leur évolution sur 25 ans et leur place dans la mythologie du groupe. Voici les visages canon qui apparaissent sur toutes les pochettes, tous les clips et tous les concerts hologrammes du groupe — ce qui distingue Gorillaz de tous les autres projets musicaux : ils existent vraiment en tant que personnages, indépendamment de leurs créateurs réels.




25 ans de mythologie : leurs histoires en bref
2D (Stuart Pot) — Le chanteur lunaire et l’âme douce du groupe. Originaire de Crawley dans le sud de l’Angleterre, il rencontre Murdoc dans un accident improbable : Murdoc lui rentre dedans avec sa Vauxhall Astra en braquant un magasin de musique. Deux chocs crâniens plus tard, ses yeux deviennent entièrement noirs — sa marque visuelle iconique. Voix douce, présence rêveuse, il porte la mélodie sur la plupart des morceaux signature : Clint Eastwood, Feel Good Inc., On Melancholy Hill, Stylo, Saturnz Barz.
Murdoc Niccals — Bassiste, fondateur et leader auto-proclamé de Gorillaz. Peau verte, dent cassée, croix inversée autour du cou, Murdoc est le personnage le plus excentrique du quartet : alcoolique, sataniste de façade, manipulateur et imprévisible. Né à Stoke-on-Trent, c’est lui qui a orchestré toute l’aventure depuis le début, « recrutant » les autres membres dans des conditions souvent… discutables. Il a été remplacé temporairement par Ace (de Powerpuff Girls) sur The Now Now, le temps que Murdoc soit en prison dans la mythologie de l’ère 2018.
Noodle — Guitariste prodige et âme positive du groupe. Originaire d’Osaka au Japon, elle est arrivée chez Gorillaz à 10 ans, envoyée par FedEx selon le canon Hewlett (oui, vraiment) en réponse à une annonce de Murdoc cherchant un guitariste. Au fil des albums, elle vieillit en temps réel et son look évolue radicalement — adolescente sur Demon Days, jeune adulte sur Plastic Beach, élégante sur Humanz, puis presque méconnaissable sur Cracker Island. Elle apporte aussi de la voix sur certains titres comme Submission (Humanz).
Russel Hobbs — Batteur new-yorkais au physique imposant et au passé tragique. Originaire de Brooklyn, Russel a perdu tous ses amis d’enfance dans un drive-by shooting — leurs esprits le hantent depuis et apparaissent parfois sous forme de fumée dans ses yeux blancs. Il apporte la pulsation hip-hop au son Gorillaz et constitue le pilier émotionnel calme du groupe, contre-balance parfaite à la folie de Murdoc. C’est le seul des 4 personnages dont la mort n’a jamais été teasée dans la mythologie — il est l’ancre stable du quartet.
Discographie vinyle complète
De la colocation londonienne au groupe virtuel le plus vendu de l’histoire
L’histoire de Gorillaz commence en 1998 dans une colocation londonienne. Damon Albarn (chanteur de Blur, alors au sommet du Britpop) et Jamie Hewlett (créateur du comic Tank Girl) partagent un appartement à Westbourne Grove. Devant MTV qui passe en boucle des clips de boys bands fabriqués industriellement, ils ont la même réflexion : la pop moderne est devenue un produit aussi artificiel qu’un dessin animé. L’idée jaillit dans la conversation — autant créer pour de bon un groupe entièrement fictif, avec des personnages animés à la place des humains, et voir si le public marche dans la combine.
Jamie Hewlett dessine alors quatre personnages : 2D (le chanteur lunaire aux yeux noirs), Murdoc Niccals (le bassiste cynique au teint vert), Noodle (la guitariste japonaise prodige), et Russel Hobbs (le batteur new-yorkais possédé par les esprits de ses amis disparus). Damon écrit la musique en s’inspirant de la culture hip-hop, du dub jamaïcain, de l’électronique alternative et de la pop. Les premières démos circulent en 2000, puis en mars 2001 le premier single « Clint Eastwood » sort en featuring avec Del the Funky Homosapien. Le succès est immédiat — top 10 dans plusieurs pays, et le morceau devient un hit international.
Gorillaz n’a jamais été qu’un projet musical. C’est un univers complet — un manga, un site web rempli de mini-jeux et de vidéos cachées, une mythologie où les personnages vieillissent, se disputent, disparaissent et reviennent. À chaque album correspond une « ère » visuelle, avec une scénographie de concert, des clips animés et un design qui évolue. C’est ce niveau de cohérence transmédia qui distingue Gorillaz de toutes les tentatives de groupes virtuels qui ont suivi.
L’album Demon Days (2005) consolide tout. Produit par Danger Mouse (de Gnarls Barkley), il combine pop, hip-hop, rock alternatif et électronique avec une cohérence rare. « Feel Good Inc. » featuring De La Soul devient le titre signature du groupe et remporte en 2006 le Grammy de la meilleure collaboration pop avec voix — faisant de Gorillaz le premier groupe animé de l’histoire à remporter un Grammy Award. Le morceau est également nominé pour Record of the Year, et l’album Demon Days pour Album of the Year. Demon Days dépasse les 7,4 millions de copies pures (plus de 16 millions en équivalents albums avec streaming) et reste, à ce jour, l’album le plus vendu de Gorillaz.
L’évolution Plastic Beach et Humanz. En 2010, Plastic Beach pousse le concept transmédia à l’extrême : île fictive en plastique, scénographies de tournée géantes, collaborations exceptionnelles (Snoop Dogg, Bobby Womack, Mos Def, Lou Reed, Mick Jones et Paul Simonon de The Clash). Le succès commercial confirme que le projet n’est pas un coup unique : plus de 2 millions de copies pures et plusieurs millions d’équivalents albums avec le streaming. Sept ans plus tard, en 2017, Humanz aborde le climat politique post-Brexit et post-Trump avec un casting massif d’invités (Pusha T, Vince Staples, De La Soul revisité, Mavis Staples, Grace Jones). C’est l’album le plus politique du catalogue.
L’ère Song Machine et Cracker Island. En 2020, Gorillaz invente un format inédit : Song Machine est un projet à épisodes — chaque mois, un single sort avec un invité différent (Robert Smith de The Cure, Slowthai, ScHoolboy Q, Tony Allen, Beck, Elton John). À la fin de la « saison », les morceaux sont compilés en album. C’est une réaction artistique à la fragmentation de l’écoute moderne — pourquoi sortir un album quand personne ne l’écoute en entier ? En 2023, Cracker Island ramène le format album classique avec Stevie Nicks, Tame Impala, Bad Bunny et Thundercat. Le projet réussit à attirer une nouvelle génération de fans à chaque nouvelle ère.
The Mountain (2026) est le 9e album studio du groupe, sorti le 27 février 2026 sur leur propre label Kong — c’est le premier album de Gorillaz publié sans Parlophone. Thématiquement, le disque tourne autour de la mort, du deuil et de l’au-delà : Damon Albarn et Jamie Hewlett ont tous deux perdu leur père pendant la production, ce qui infuse profondément l’écriture. Musicalement, l’album marie l’électronique habituelle du groupe à des instrumentations classiques indiennes, une couleur inédite chez Gorillaz. Accueil critique chaleureux, entrée numéro 1 au UK Albums Chart (3e #1 du groupe) et n°7 au Billboard 200 américain — la machine Gorillaz tourne toujours. Pour le calendrier officiel des sorties et des tournées, voir le site officiel Gorillaz.
Pourquoi Demon Days est leur album le plus vendu

Demon Days est l’album qui a transformé Gorillaz de « curiosité artistique » en groupe pop majeur. Le secret tient en trois éléments : la production de Danger Mouse, une écriture pop précise sur des bases hip-hop, et un casting d’invités qui ouvre l’album à des publics très différents.
Sorti en mai 2005 — soit quatre ans après le premier album — Demon Days marque un changement total d’équipe de production. Dan The Automator, qui avait produit le premier disque, est remplacé par Danger Mouse, alors connu pour son mash-up clandestin The Grey Album (Beatles vs Jay-Z). Le résultat : une cohérence sonore inédite chez Gorillaz, où chaque titre s’enchaîne comme un chapitre. « Feel Good Inc. » remporte le Grammy 2006 de la meilleure collaboration pop avec voix (Best Pop Collaboration with Vocals), avec en plus une nomination Record of the Year pour le morceau et une nomination Album of the Year pour Demon Days. « DARE » (avec Shaun Ryder des Happy Mondays) atteint la première place au Royaume-Uni. « Kids with Guns », « El Mañana », « Dirty Harry » — chaque morceau est un single potentiel.
Sur vinyle, Demon Days bénéficie d’un mixage exceptionnel signé Danger Mouse et Jason Cox. Le 2LP étire la dynamique sur quatre faces (au lieu de comprimer sur CD), ce qui donne du souffle aux basses et de l’air aux samples. Les rééditions colorées (purple vinyl, red vinyl, original 2005 noir, presses limitées) circulent à des prix variables sur le marché secondaire — la version originale 2005 noire est devenue une pièce de collection. La réédition récente sur 2LP 180g est largement disponible neuve et reste le pressage standard recommandé.
Glastonbury 2010 : le groupe virtuel sauve la headline

Le 25 mai 2010, U2 annonce son retrait de la tête d’affiche du vendredi à Glastonbury — Bono vient de subir une opération du dos d’urgence et ne peut pas chanter. À ce moment-là, Gorillaz vient de sortir Plastic Beach et entame sa tournée mondiale. Damon Albarn appelle directement Glastonbury pour proposer ses services. Le pari est risqué : un groupe virtuel sur la scène la plus mythique du festival le plus respecté du monde, à la place d’U2 que personne ne remplace.
Le concert dure deux heures. Damon Albarn et Jamie Hewlett orchestrent une scénographie monumentale, avec des invités physiques qui apparaissent un à un — Snoop Dogg, Lou Reed, Shaun Ryder (Happy Mondays), Mark E. Smith (The Fall), Mick Jones et Paul Simonon (les deux membres survivants de The Clash, sur scène ensemble pour la première fois en plus de 25 ans). Les personnages animés sont projetés sur d’immenses écrans en fond de scène. La performance devient instantanément l’une des plus discutées de l’histoire de Glastonbury.
Cet enregistrement n’a jamais fait l’objet d’un album live officiel (contrairement à Daft Punk avec Alive 2007), mais des bootlegs circulent et la BBC en a diffusé une captation partielle. Sur YouTube, certaines versions atteignent des millions de vues. Pour les amateurs, la version studio de Plastic Beach reste l’œuvre la plus représentative de cette période — chaque écoute sur vinyle évoque la dimension épique du live correspondant.
Avant Glastonbury 2010, « remplacer U2 sur Pyramid Stage » était considéré comme impossible. Après Glastonbury 2010, le festival a regardé Gorillaz et compris que la pop alternative ne dépendait plus de la présence physique d’un chanteur charismatique. C’est ce concert qui a légitimé le concept de groupe virtuel comme alternative crédible à la pop traditionnelle.
Si Gorillaz vous a donné le goût du vinyle, découvrez aussi notre page sur Daft Punk, autre projet français iconique de la même époque, dans Le Trou Noir.
The Mountain en pressage Liquid Blood Records : notre exemplaire personnel
Pour notre exemplaire de The Mountain, nous avons opté pour l’édition collector Liquid pressée par Blood Records, le label-boutique londonien spécialisé dans les pressages exclusifs en édition limitée numérotée. Voici en détail ce que contient cette box collector que nous avons photographiée chez nous — sans retouche ni mise en scène artificielle.
La pochette face avant — les 4 personnages au sommet
L’illustration principale de The Mountain reprend les codes iconographiques fondateurs de Gorillaz : 2D (cheveux bleus), Russel Hobbs (en t-shirt orange avec Ganesh), Noodle (cape rouge) et Murdoc (figure verte) réunis au sommet d’une montagne, regardant le coucher de soleil sur une mer de nuages. Le titre « पर्वत » (Parvat = Montagne en hindi) trône en typographie dorée flamboyante. C’est un retour aux fondamentaux mythologiques du groupe, après quelques albums où l’iconographie classique avait été mise en retrait.

Le gatefold — Sgt Pepper’s à Jaipur
Une fois la pochette ouverte, on découvre le gatefold panoramique qui rassemble dans une seule fresque tous les collaborateurs de l’album — réels et animés mélangés. Anoushka Shankar (sitariste, fille de Ravi Shankar) à l’extrême gauche avec son instrument, un sadhu en méditation, un éléphant peint, une panthère noire, un singe, ainsi que de nombreux invités humains (Asha Bhosle, IDLES, Black Thought, Paul Simonon, Johnny Marr, etc.) côte à côte avec 2D, Murdoc, Noodle et les autres personnages animés. L’illustration est tournée en décor de rue indienne avec architecture de Jaipur reconnaissable. C’est l’équivalent Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band de The Mountain : tous les musiciens réunis dans une seule image-monde.

Le vinyle Liquid : splatter rouge, jaune et transparent
Cœur de l’édition Blood Records, le vinyle lui-même est un pressage Liquid — une technique où plusieurs couleurs sont injectées en même temps pendant la presse, créant des motifs uniques d’un exemplaire à l’autre. Notre exemplaire mêle rouge profond, rose, jaune ocre et plages transparentes avec des éclaboussures de splatter. Au centre de l’étiquette, la même illustration qu’on retrouve sur l’un des art prints (personnage en rocking-chair), entourée des caractères devanagari « पर्वत » et du logo serpent Kong (le label propre à Gorillaz). Chaque pressage Liquid est unique — c’est l’argument central de Blood Records.

2LP, 15 morceaux, catalog GZ-TM-KONG001LP
Côté technique, The Mountain est un 2LP / 4 faces (15 morceaux pour environ 62 minutes) avec catalog number GZ-TM-KONG001LP — le tout premier numéro du label Kong, ce qui valide le fait que The Mountain est le premier album de Gorillaz publié sans Parlophone. La liste des instruments donne le ton : Bansuri, Sitar, Sarod, Gungroo, Tabla, Dholak, Conch, Tanpura, Bells, Moog Satellite, Harmonium, Wurlitzer, Piano, Electric Guitar, Acoustic Guitar, Bass Guitar, Harp, Tom1501 Russian Synth, Juno106, Prophet 6, ARP Quartet, Sequential Circuits T8, Mellotron, Suzuki Omnichord, Pedal Steel, Korg Ek500, Sangat Electronic Tabla Tanputa… Le voyage musical est concret : enregistrements à Mumbai (Island City Studios), Jaipur, Amritsar, Kintsugi Studio Delhi, Amber Fort, sur les rives du Gange à Varanasi, et même à Damas (Syrie) et Ashgabat (Turkménistan), en plus de Londres et Miami.
Les 4 art prints exclusifs Blood Records
L’édition collector Blood Records inclut 4 art prints individuels en bonus, un dédié à chaque personnage du groupe. Chaque illustration est un mini-récit visuel autonome qui plonge les personnages dans le contexte indien et urbain de l’univers The Mountain. Au-delà de leur valeur visuelle pure, ces art prints sont des objets de collection à part entière — Blood Records les édite en quantité numérotée et ils circulent vite sur le marché secondaire après épuisement.




Le vinyle Liquid en mouvement — la vidéo
Le pressage Liquid prend toute sa dimension en lecture : sous la lumière, les couleurs se mélangent, les transparences révèlent les motifs internes, et le splatter danse à chaque rotation. Notre vidéo courte montre le rendu réel de ce pressage en condition d’écoute sur platine — c’est ce qui fait toute la différence entre une photo statique et l’expérience visuelle qui justifie le prix d’un pressage Liquid collector.
Pour ceux qui hésitent entre l’édition standard et l’édition Liquid Blood Records : si vous achetez The Mountain uniquement pour l’écoute, l’édition standard 2LP fait le job à un prix nettement plus bas. Si vous achetez Gorillaz aussi pour la culture visuelle, l’objet, la collection — l’édition Liquid est dans une autre catégorie. C’est de l’art mobilier autant que de la musique.
Gorillaz sur vinyle — FAQ
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Quelles sont les différentes éditions vinyle de Demon Days ?
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Pochettes et illustrations © Parlophone Records / Warner Music — usage éditorial. Photos personnelles © Monsieur Platine.








